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mercredi 7 novembre 2012

La Porte des Mondes


4ème de couv' : La Porte des mondes est un roman initiatique qui plaira aux adolescents. L'événement fondateur - le point de rupture avec l'histoire telle que nous la connaissons - est loin d'être anecdotique. Si le monde de 1980 imaginé par Silverberg est si différent du nôtre, c'est que la peste noire a tellement dépeuplé l'Europe que l'Empire aztèque domine les Amériques tandis que l'Empire turc règne sur le vieux continent. La Porte des mondes ne brosse cependant pas un monde idéal, où règne l'harmonie : la lutte pour la domination fait aussi rage et le jeune héros devra choisir entre le pouvoir et l'amour.

Mon avis : Je ne sais pas qui est l'illustrateur mal embouché, ou l'éditeur pas réveillé qui a choisi cette image pour illustrer La Porte des Mondes, mais je pense sincèrement qu'il ne l'a pas lu ! Rien à voir avec des créatures d'un autre monde, rien à voir avec la Science Fiction : nous sommes dans une uchronie légère et distrayante : la grande peste noire a décimé l'Europe, l'affaiblissant au profit des Aztèques, des Incas, des Turcs et des Russes qui sont les nations dominantes du monde de Dan Beauchamp, le personnage, jeune anglais fougueux en quête de gloire et de reconnaissance... Il quitte son Angleterre natale pour les Héspérides, ainsi qu'on nomme les Amériques dans cet univers décalé, cherchant l'aventure, et avide de pouvoir ; il y fera des rencontres, s'interrogera sur le destin de chacun, nouera des amitiés qui vont l'entraîner de pays en pays, loin de chez lui... Un lecture divertissante, un court récit plein de rebondissements ; la découverte de cet univers "parallèle" au nôtre est agréable et facile, peut-être à peine trop, même. Je n'ai pas ressenti d'enthousiasme particulier, mais j'ai passé un bon moment de lecture.

lundi 8 octobre 2012

L'ombre du vent


4ème de couv' : Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, " ville des prodiges " marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent. Avec ce tableau historique, roman d'apprentissage évoquant les émois de l'adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l'Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

Mon avis : Pour commencer et comme toujours, je vous livre mon état d'esprit en attaquant ce livre, parce que cet aspect me paraît pour beaucoup dans le jugement que nous portons sur les oeuvres... Je m'attendais à un récit intimiste, car j'avais choisi ce livre uniquement sur son titre qui me paraissait évocateur et prometteur, mais je ne savais rien de ce récit. J'avais donc comme "horizon d'attente" un court livre intimiste sur l'Espagne... "court" ? Oui ! Je lis sur liseuse, et donc, je n'ai guère la notion de la grosseur des livres que j'attaque. J'ai en plus commencé ce roman à un moment de grande fatigue intellectuelle et générale.
Bref... Tout ça pour dire que les débuts ont été laborieux : j'étais perdue dans le labyrinthe de ce roman, me rendant compte au fur et à mesure que j'avais attaqué un pavé de 700 pages. Les personnages, l'intrigue m'échappait. Je croyais saisir l'essence de ce roman, mais j'étais toujours un peu hagarde en reprenant ma lecture de me rendre compte que l'essentiel ne m'avait pas même frôlée. J'aimais déjà la galerie des personnages et un sentiment de mystère qui planait sur l'ensemble et m'invitait à poursuivre malgré la fatigue, malgré le découragement et les incertitudes... Bien m'en a pris. Et heureusement que ce roman est long (j'aurais décroché, sinon !). Car passé les 250 premières pages, tout s'est éclairé : j'étais dans un roman à tiroirs, et chaque élément allait prendre sa place en son heure. Les tourments d'adolescence de Daniel, personnage attachant mais dont la lâcheté intrinsèque, compréhensible car due à son jeune âge, m'agaçait tout de même un peu, ne sont pas la plus grande part du récit. La toile qui se tisse est plus large que lui et les découvertes qu'il fait, et que nous attendons avec une impatience grandissante mêlent sa propre construction à un panel de destins tourmentés sur fond de guerres... Je n'ai pas pu lâcher le roman à partir de la moitié, hypnotisée et séduite par sa construction brillante, séduite par les révélations toujours surprenantes, enchantée des personnages truculents, mais subtils et attachants... 
Au final, un très bon moment de lecture !