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mardi 11 décembre 2012

Le Choeur des femmes


4ème de couv' : Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de «Médecine de La Femme», dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste ! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit ? Qu'il va m'enseigner mon métier ? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur cœur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre. 

Mon Avis : Mon avis va se voir obligé de séparer le fond et la forme... La forme... bof. Ce n'est pas très bien écrit, sans être pour autant désagréable. La langue utilisée est en permanence une langue qui se veut orale, mais je trouve que l'on tombe dans trop d'excès et d'écueils du genre. Ce n'est pas rédhibitoire pour autant... L'intrigue tient en deux lignes, on sait dès la deuxième page comment cela va se terminer, aucune des "surprises" ménagées ne tiennent tant on se doute de ce qui nous attend. Et pourtant j'ai aimé... Mais pour le fond, le contenu, le propos. Un propos peu entendu, pas relayé, voire étouffé : la parole des femmes sur leurs intimités, leurs douleurs, leurs angoisses... Tout ce dont on n'ose pas forcément parler, parce que les médecins qui nous reçoivent sont dans le médical pur, et n'ont pas le temps de nous écouter. Je dis nous, car je suis une femme, et j'ai beaucoup retrouvé dans ce roman des situations vécues face à un corps de soignants peu attentifs, quand il n'est pas incompétent à force de soins administrés aux forceps sans réelle prise en compte de la parole de leurs patientes ; c'est donc un livre sur la gynécologie, et plus encore, un livre militant pour une certaine forme de pratique, respectueuse des patientes, et trop peu pratiquée en France selon l'auteur, lui-même ancien médecin, pratique que découvre, atterré le personnage principale, jeune et ambitieuse chirurgienne qui vit son affectation comme une punition au départ... avant de changer d'avis du tout au tout. Le contenu, donc vaut vraiment le coup de subir une forme imparfaite.

samedi 10 novembre 2012

L'Avant dernière chance


4ème de couv' : A Londres, lors du tournage d'une fiction pour la télévision, Adèle, une jeune stagiaire française, reçoit un texto totalement inattendu et absolument irréel : son grand-père, mort quelques jours auparavant, lui souhaite un joyeux anniversaire... Adèle se remémore alors les événements de ce dernier mois. Son papy, Georges, quatre-vingt-trois ans, les pieds plantés dans son potager, enraciné dans sa bonne vieille terre du Poitou, a subitement décidé de partir pour un tour de France avec son voisin et ami Charles, soixante-seize ans. Sa petite-fille a découvert leur projet et, inquiète pour la santé de son aïeul, lui a fait promettre de lui envoyer des nouvelles tous les jours par texto. Commence alors une drôle de correspondance, tendre et complice, entre le grand-père et sa petite-fille, qui ne se sont pas vus depuis dix ans. Ce beau récit, touchant et juste, mêle à la gouaille des dialogues l'émotion de sentiments qui peinent à se révéler. 

Mon Avis : Quand j'ai commencé ce roman, je me suis dit... "Ah, mouais... c'est facile et léger, ça manque un peu de densité...". En réalité, je trouvais cela TROP facile et TROP léger... La petite stagiaire à Londres, le tournage du film. Je n'étais pas plus emballée que cela. Puis on glisse dans l'univers de son grand-père, Georges, de son refus de vieillir (croit-on, au départ), de cette dernière chance qu'il s'accorde avec cette idée loufoque de Tour de France en voiture. Et le récit prend une autre tournure. Acquiert un côté truculent, joyeux, optimiste... On ne quitte plus Georges et les aventures douces-amères de nos deux papys deviennent savoureuses et émouvantes, interrogent sur la rapport à la vieillesse et à nos propres anciens, sur le temps que l'on laisse filer. Alors, oui, la lecture est facile... mais elle est aussi tout en nuances et en émotions non dites, elle est touchante et réveille en nous des parts de notre enfance si nous avons eu la chance, comme Adèle, d'avoir des relations heureuses et épanouies avec nos grands-parents. Et à l'achèvement de ce roman très doux, je révise mon jugement, puisque j'ai ri et pleuré : ce n'est pas une lecture facile. C'est une lecture toute simple, simple et juste qui ne vous laissera pas indifférents.