Affichage des articles dont le libellé est 39-45. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 39-45. Afficher tous les articles

lundi 17 décembre 2012

Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB


4ème de couv ' : Avec Moi, René Tardi, prisonnier de guerre - Stalag IIB, Jacques Tardi concrétise un projet mûri de très longue date : transposer en bande dessinée les carnets de son propre père, rédigés des années durant sur des cahiers d’écolier, où celui-ci tient par le menu la chronique de sa jeunesse, en grande partie centrée sur ses années de guerre et de captivité en Allemagne. Après avoir, comme on le sait, énormément travaillé sur la guerre de 14 – 18, c’est la première fois que Tardi se penche d’aussi près sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, il développe également un projet profondément personnel : en mettant en images l’histoire de son père militaire, Tardi explore rien moins que les racines, les origines et les ressorts de sa propre vie. Ce « roman familial » prend des accents d’autant plus intimes que Tardi a associé au projet deux de ses propres enfants, Rachel (qui assure la mise en couleur) et Oscar (documentation et recherches iconographiques).

Mon avis : On connaît le travail de Tardi sur la première guerre mondiale, salvateur, cru et nécessaire... Cette fois, c'est à la seconde qu'il s'attaque. Mais pas au camp d'extermination, pas aux horreurs du nazisme, du moins, pas celles qui hantent la mémoire collective. Non, il traite d'une mémoire bien plus intime, bien plus cachée et oubliée : les prisonniers de guerre en Allemagne. On découvre la vie ordinaire de ces camps de prisonniers, la faim omniprésente, les privations, le travail forcé. Pas de four crématoire, ici, pas d'extermination massive. Mais un quotidien marqué par la nourriture manquante, les tentatives d'évasion, les combines pour survivre, la colère contre l'état français, et la haine du boche... C'est comme à son habitude, une réussite : le trait est toujours aussi incisif et parlant, il mêle petite et grande histoire, récit anecdotique et préoccupations majeures avec talent, pour notre plus grande joie. Je pense que c'est encore une fois un grand album de Tardi, qui donne à voir une part méconnue de cette guerre, une part tue, qu'il est bon et utile d'exhumer en mémoire de tous ces soldats qui ont pourri dans des camps et que l'histoire  a un peu oubliés.

mardi 18 septembre 2012

La Part de l'autre


4ème de couv' : Mais que se serait-il passé, qu'aurait-il donc pu advenir, si au contraire Hitler avait été reçu aux Beaux-Arts comme apprenti peintre méritant ? À partir de cette question, de cette infime infinie possibilité, bascule l'Histoire dans son entier. S'ouvrent le doute, l'espoir, l'incertitude. L'imaginaire surtout, en la matière de cet étonnant roman où, fidèle à ses habitudes, l'auteur parvient – sur une idée plutôt convenue – à filer une trame aussi haletante que vertigineuse. Alternées tour à tour, défilent en effet sous nos yeux deux vies que tout oppose, en fonction de causes initiales radicalement opposées. D'un côté le clochard, le caporal à la Croix de fer, le dirigeant du parti national-socialiste fan de l'opéra wagnérien Rienzi, le dictateur misanthrope dément dont le romancier développe une biographie dûment renseignée. De l'autre, Adolf H., jeune homme soigné par Freud pour ses troubles sexuels (une belle rencontre, sur laquelle plane en clin d'œil le fantôme de la célèbre pièce de Schmitt : Le Visiteur !), peintre de l'école surréaliste du légendaire Montparnasse parisien, ardent défenseur du sionisme…

Mon avis : La lecture n'a pas été simple... même si j'ai aimé au final. Pour commencer, je m'attendais, habituée à Schmitt, à un format court... Et comme je lis sur liseuse, je ne me rends pas compte de l'épaisseur des livres en début de lecture. J'ai déjà été surprise par la longueur du roman. Ensuite, même si le principe est séduisant, j'ai trouvé le résultat parfois un peu poussif et décevant. En fait, ces deux hommes que tout oppose au final ne m'ont jamais semblé au départ être une seule et même personne... Ils sont trop différents : trop noir/blanc... L'un organise l'extermination des juifs, l'autre est sensible à la cause sioniste. L'un ne supporte pas les femmes, l'autre vit des relations profondes et indéfectibles. L'un adore la guerre, l'autre la hait... Trop manichéen et simpliste à mon goût. Je crois que j'aurais davantage accroché à quelque chose de plus nuancé... L'écriture aussi m'a parue moins élégante qu'à son habitude. A vrai dire, j'ai lu les deux histoires avec plaisir, mais sans enthousiasme, et je les aurais lues tout aussi bien séparées que mises en parallèle. Je crois d'ailleurs que j'ai préféré la partie sur Hitler : cette plongée dans l'âme du dictateur, ses obsessions, ses travers m'a parue vraiment intéressante. J'ai fini sans peine, et lu avec régularité, mais je ne me suis pas sentie embarquée par le roman...