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samedi 22 décembre 2012

Fantômes blancs


4ème de couv' : François et Maxime ont grandi ensemble, dans le domaine de Maison Rouge, sur une île créole. A la mort de son père, Maxime devient le propriétaire du domaine et décide de quitter Paris pour revenir dans le pays de son enfance. François le suit, laissant sur place son bel amour Bénédicte. Seulement François devient vite la proie d'un ennui terrible et d'une nostalgie tenace. Tandis qu'il ressasse ses démons intérieurs, il tombe sur deux spécimens alcooliques chasseurs de trésor qui l'enjoignent à découvrir le secret de Maison Rouge. Puis lors d'une balade nocturne, il rencontre un étrange fantôme surgi de nulle part, et qui, pour retrouver sa liberté, doit raconter son histoire et retrouver son nom ! L'aventure commence, surtout que Maxime décide de construire une machine volante et que François devient son pilote d'essai...

Mon avis : Appollo et Li-An nous livrent ici une bande dessinée toute en nuances et en douceur. Nous suivons les errances, les pensées, les rêves de François, revenu sur les traces de son enfance dans la demeure où il a grandi. Maison Rouge a bien des secrets à livrer, et nous découvrons avec lui le pirate qui hante la vieille bâtisse, en recherche d'identité, de racine, et d'une oreille à qui s'épancher. Mais ce que François apprivoisera, dans cette quête de richesse et d'histoire, c'est sa propre histoire, celle de ses ancêtres, celle de l'île. Le scénario paraît parfois un peu décousu, un peu lâche, mais la ballade sur l'île de la Réunion est douce, chargée de mystère et de pittoresque. Bref, une BD très agréable, même si la truculence de la "Grippe coloniale", du même scénariste, m'avait davantage plu. 

mardi 11 décembre 2012

Le Troisième Testament (Tomes 1 à 4)


4ème de couv' : Août 1307. L'inquisiteur Conrad de Marbourg est convoqué par l'archevêque Elsenor afin de résoudre une étrange affaire : tous les moines de l'abbaye de Veynes ont été massacrés après avoir découvert une crypte renfermant un mystérieux reliquaire. Commence alors une longue enquête au cœur des sociétés secrètes, à la recherche du Troisième Testament... "L'idée de départ nous est venue à partir de la découverte à la Bibliothèque Nationale d'une traduction anglaise d'un manuscrit datant du XIVe siècle." explique Xavier Dorison. Partant de ce texte relatant une étrange affaire juridique, Le Troisième Testament nous entraîne dans une grande enquête policière où le fantastique se profile dans l'ombre de chaque crime...

Mon Avis : Cette bande-dessinée en quatre tomes nous plonge en plein moyen âge, à une époque où la religion catholique fait une chasse impitoyable aux hérétiques et installe durablement un dogme fixe et lisse. Dans ce contexte tendu où bien souvent le politique l'emporte sur la foi, nos personnages, un ancien inquisiteur évaporé dans la nature depuis des années, et que tout le monde croyait mort, et une jeune femme élevée par l'archevêque d'Elsenor, vont se retrouver plongés au coeur d'une intrigue mystique, sur un échiquier mouvant dont les protagonistes se révèlent au fur et à mesure. Les factions en présence gardent jalousement leurs secrets. Conrad lui-même semble en savoir plus que ce qu'il ne révèle, et nous naviguons à vue avec Elizabeth. A vue et en eau trouble. J'ai beaucoup aimé cette ambiance faite de mystère, de secret, de sacré. Les dessins sont très beaux, et l'intrigue, parfois inutilement alambiquée et difficile à suivre dans les deux premiers tomes, prend tout son essor au tome 3, nous laissant haletant et impatient de terminer la série. Le final est grandiose, et ne peut laisser indifférent.

lundi 3 décembre 2012

Jaya, engagée indienne


4ème de couv': L’abolition de l’esclavage en 1848 eut pour conséquence brutale et mal estimée le manque de main d’oeuvre pour les plantations, la canne à sucre notamment. Les armateurs, armés par les gros exploitants, firent alors le tour des continents pour trouver une main d’oeuvre bon marché et prête à s’exiler à l’autre bout du monde avec la promesse d’un avenir prometteur. Ainsi s’embarqua en 1865 Jaya, comme plus de 30.000 indiens dans les années qui suivirent, à destination de l’Ile de la Réunion, donnant à l’ile d’aujourd’hui une des facettes de son identité multiraciale.

Mon avis : Jaya traite d'une page peu abordée de l'histoire réunionnaise : l'arrivée et le traitement des engagés indiens sur l'île, en complément et remplacement d'une main-d'oeuvre d'esclaves fraîchement affranchie. Jaya débarque à la Réunion en rêvant d'une vie meilleure, mais entre le trajet en mer, la quarantaine, la brutalité de ses patrons, elle ne trouvera pas forcément ce qu'elle était venue y chercher. J'aime beaucoup le graphisme de cette bande dessinée, je trouve le trait très fort en émotions... En revanche, même si j'ai apprécié le côté historique, et le récit, je suis restée sur ma faim. L'histoire est bien courte. On aurait aimé un récit plus étoffé, plus riche, car on referme l'album avec un petit goût de "c'est tout ?" bien décevant. Bravo donc pour le sujet et son traitement graphique, mais un bémol pour un récit qui tourne court, générateur de frustration.

mardi 20 novembre 2012

Quartier Western


4ème de couv' : Dans l'île de La Réunion des années 1970 on boit du " Solpak ", on fait ses courses chez le "Chinois" ou le " Zarab " du coin et on se déplace en 404 bâchée. Les enfants catholiques sont soumis à une éducation religieuse stricte et Ti-Quatorze déambule avec son baluchon dans les rues de Saint-Denis. Les jeunes filles rêvent sur les romans photos et les garçons imaginent "sauter" la mer pour faire fortune en France métroplitaine. Bref, rien de bien excitant sous les cocotiers. Mais quand Tehem mélange tout ça, l'auteur de Tiburce, héros emblématique de la BD réunionnaise, nous offre un haletant road movie avec du suspense, du sang, du sexe et du soleil bien sûr. Pour public bédéphile averti !!!

Mon Avis : Le dessin faussement naïf pourrait faire croire que l'on a à faire à une BD gentillette, avec des animaux humanisés... mais il n'en est rien ! Quartier Western, c'est la vie à la Réunion dans les quartiers populaires au milieu des années 70 avec son lot de rhum, de pauvreté, ses relations caliente, et celles qui se règlent à coup de machette ou de flingue... La construction bien ficelée nous met en présence de tous les protagonistes pour nous faire découvrir ensuite les raisons de leur présence à la boutik shinoi... On y vend de tout : de la nourriture, du rhum, de l'espoir et de la sagesse. J'ai bien retrouvé l'ambiance de la boutik, toujours en vigueur aujourd'hui, dans une moindre mesure (heureusement). Les personnages sont hauts en couleur, mais ils n'ont rien d'angélique. Chacun essaye d'échapper à ses démons sans y parvenir, qu'ils soient réels ou non. Le tout pimenté à la sauce créole. Bref, un moment hilarant, parfois grinçant, mais toujours juste, sur une société en plein mutation qui donnera la Réunion d'aujourd'hui. Le trait est incisif et le choix des animaux apporte de la rondeur aux passages les plus terribles. C'est indéniablement ce qui fait le charme de cette bande dessinée, qui, à la manière des fables, et par le truchement des animaux, sait à la fois nous instruire et nous séduire, nous terrifier et nous amuser.

dimanche 18 novembre 2012

La Grippe Coloniale (Tomes 1 et 2)


4ème de couv' : En mars 1919, les derniers soldats de la Grande Guerre rentrent à la Réunion où ils sont accueillis en héros. Mais le retour dans la vieille colonie n'est pas aussi joyeux qu'on peut l'espérer : les soldats ont changé durant la guerre, ils sont infirmes, révoltés, désabusés, et portent un regard amer sur une île qui a évolué sans eux. Evariste Hoarau et quelques autres démobilisés essaient tant bien que mal de retrouver une place dans une société où les tensions sociales et raciales sont vives, tandis qu'un mal foudroyant frappe la colonie : la grippe espagnole emmenée par le navire des soldats...La Grippe Coloniale est une nouvelle série saisissante de la collection Equinoxe, associant les qualités d'être à la fois humoristique et tragique, drôle et sombre.

Mon avis : Un grand merci à ma voisine pour m'avoir fait découvrir cette BD ! Nos 4 héros reviennent de la guerre, la grande, la der des ders... Ils vont retrouver leur chère île, la Réunion. Mais si la guerre n'est pas allée jusque là, le monde a changé. Et la grippe espagnole va précipiter encore ce bouleversement sociétal : blancs, noirs, métisses, aucun n'échappera à ce fléau. Si cela annonçait une société nouvelle, fondée sur davantage d'égalité ? Les auteurs, à l'égalité, ils n'y croient guère, mais à la fraternité, oui : celles d'hommes simples que leur statut social sépare, mais réunis dans une même souffrance. Il y a tout ce que j'aime : un trait incisif, pas parfait, mais qui fait à merveille ressortir les individualités, les failles et les fêlures des personnages, de l'humour, un grand humanisme, une réflexion profonde, une plongée dans la grande et la petite histoire. Bref, cette série est vraiment une réussite...

vendredi 9 novembre 2012

Gueule d'amour


4ème de couv' : Si la guerre me rappelait tous les jours qu'elle m'avait épargné, la moindre des politesses, c'était de ne pas me foutre de sa gueule, vu qu'elle s'était déjà payé la mienne.

Mon Avis : Toujours sur la thématique des Gueules cassées de 14-18 que j'explore en ce moment, une BD particulièrement poignante et émouvante sur le sujet du retour à la vie "normale". Comment revenir en acceptant son nouveau visage, comment se faire accepter par l'autre, qu'il soit un inconnu ou sa propre femme ? Mais il n'y a aucun misérabilisme dans cet album... La force du trait apporte beaucoup de vitalité à ce sujet pourtant difficile à traiter. Il y a un côté truculent, une force vitale qui se détache de l'intrigue, un appétit d'exister et d'être reconnu... et en même temps, le choix du noir et blanc, du dessin au critérium apporte aussi une dose de noirceur et de cynisme. Une vraie réussite graphique !

Pour un peu de bonheur, T1 : Félix


4ème de couv' : Printemps 1919. Quelques mois après l'Armistice, Félix Castelan, un "poilu", revient dans son village natal. Mais il n'est plus le même homme : un obus allemand lui a emporté la moitié du visage. À cette blessure physique s'ajoute une blessure psychologique. Regardé comme une bête curieuse par certains, Félix comprend qu'il aura du mal à retrouver sa place parmi les siens, entre une femme infidèle et un fils qui se souvient à peine de lui. Au même moment, une série de meurtres mystérieux met le village en émoi. Un policier, lui aussi ancien blessé de guerre, arrive de Paris pour mener l'enquête.

Mon Avis : Je ne suis pas experte en BD, mais en ce moment, je lis beaucoup de choses sur cette thématique des gueules cassées de la première guerre mondiale... Sans misérabilisme, avec un trait un peu classique, à l'image de l'intrigue, le duo Laurent Galandon / A.Dan réussit un récit tout en nuances, et qui parvient selon moi le tour de force de parler d'un sujet dur, grave sans tomber dans le pathos. On sent le héros perdu, la gêne autour de lui, la complexité de ce retour au village natal. Beaucoup de sensibilité, donc, pour un récit sans grandes surprises pour l'instant, mais qui m'a plu par son réalisme emprunt de retenue. Un bémol car j'ai trouvé le récit bien court... J'attends la suite avec impatience !